Les deux critères qui fixent le montant maximal
Le rachat de crédit permet de fusionner plusieurs prêts en un seul. On obtient ainsi une mensualité unique, souvent plus basse. Mais une question revient régulièrement : jusqu’à quel montant peut-on regrouper ? La réponse dépend de trois éléments clés : le taux d’endettement, le reste à vivre, et le profil de l’emprunteur.
Le taux d’endettement
C’est le premier filtre appliqué par les banques. Il correspond au rapport entre les charges mensuelles et les revenus nets du foyer.
Le plafond est fixé à 35 %, assurance emprunteur incluse. Le Haut Conseil de Stabilité Financière impose cette norme aux banques depuis janvier 2022. Elle s’applique en priorité au crédit immobilier. Toutefois, les organismes de rachat de crédits s’y réfèrent également comme seuil de référence.
À noter : les banques disposent d’une marge de dérogation limitée à 20 % de leur production trimestrielle. Cette dérogation concerne en priorité les résidences principales et les primo-accédants.
Formule : (Total des charges mensuelles / Revenus nets mensuels) x 100
Le reste à vivre
C’est le second garde-fou. Il s’agit de la somme disponible chaque mois après paiement de toutes les charges fixes. Elle couvre l’alimentation, les transports et les factures courantes.
Il n’existe aucun seuil légal. En pratique, chaque établissement fixe sa propre grille interne. Voici les fourchettes les plus couramment observées :
- Environ 700 à 1 000 € pour une personne seule
- Environ 1 000 à 1 500 € pour un couple sans enfant
- Entre 150 et 400 € supplémentaires par enfant à charge
Ces montants varient aussi selon la zone géographique et le statut professionnel. Ainsi, un dossier peut respecter le taux d’endettement de 35 % et être refusé si le reste à vivre est trop faible.
Trois profils types pour comprendre les écarts
Ces exemples sont fictifs et construits à titre pédagogique. Ils ne constituent pas une simulation personnalisée.
Profil 1 : Locataire
Revenus nets : 2 200 €/mois. Loyer : 750 €/mois. Mensualités crédits conso : 480 €/mois. Endettement actuel : 56 %.
Un locataire est structurellement plus contraint qu’un propriétaire. En effet, le loyer entre dans le calcul du taux d’endettement. Pour ramener l’endettement sous 35 %, la mensualité totale doit descendre à environ 770 €. Or, le loyer seul représente déjà 750 €. Par conséquent, il ne reste que 20 € pour rembourser un crédit.
Dans ce cas, allonger la durée est souvent la seule solution. On peut viser 12 à 15 ans pour ramener la mensualité crédit à environ 350 à 400 €.
Montant regroupable réaliste : 15 000 à 20 000 €, restructurés sur une durée plus longue.
Profil 2 : Propriétaire sans trésorerie supplémentaire
Revenus nets : 3 000 €/mois. Crédit immobilier : 620 €/mois. Crédits conso : 410 €/mois. Endettement actuel : 34 %.
Le propriétaire dispose d’un avantage important. Son bien peut en effet servir de garantie, ce qui ouvre l’accès à des durées plus longues et des taux plus avantageux.
Montant regroupable réaliste : 35 000 à 45 000 €. La mensualité globale redescend autour de 1 000 à 1 050 € contre 1 030 € cumulés initialement. Le gain vient surtout de la simplification et de l’allongement de la durée.
Profil 3 : Propriétaire avec trésorerie complémentaire
Revenus nets : 3 400 €/mois. Crédit immobilier restant : 90 000 €, mensualité 550 €. Crédits conso : 350 €/mois. Trésorerie demandée en plus : 20 000 € pour des travaux.
Ici, le rachat hypothécaire permet d’intégrer une enveloppe de trésorerie supplémentaire. En général, cette trésorerie représente 15 à 20 % de la valeur du bien mis en garantie.
Mensualité cible : 35 % de 3 400 € = 1 190 € maximum. Capital total à financer : environ 115 000 à 120 000 €.
Montant regroupable réaliste : jusqu’à 120 000 €. Cela dépend toutefois de la valeur du bien. En pratique, la quotité hypothécaire oscille entre 70 et 80 % de cette valeur.
Ce qui fait varier le montant final
Plusieurs éléments influencent le montant réellement accordé, au-delà du calcul brut.
La nature de la garantie. Un rachat avec hypothèque permet des montants et des durées bien supérieurs à un rachat sans garantie.
La durée choisie. Allonger la durée fait baisser la mensualité. En revanche, cela augmente le coût total du crédit.
La stabilité des revenus. Un CDI, une ancienneté solide ou des revenus locatifs jouent en faveur du dossier. Les banques regardent ces éléments au-delà du seul calcul mathématique.
L’historique bancaire. Des incidents de paiement ou un fichage FICP peuvent réduire le montant proposé. Cela s’applique même si le taux d’endettement théorique est respecté.
À retenir
Le montant regroupable ne résulte pas d’une simple addition. Il dépend d’un équilibre entre le taux d’endettement visé, le reste à vivre du foyer, et la capacité à offrir une garantie. En résumé, un propriétaire dispose d’une marge de manœuvre nettement supérieure à un locataire. C’est cette marge qui permet ou non d’intégrer une trésorerie complémentaire au rachat.ant ses propres grilles d’acceptation.
Estimez votre capacité de regroupement
Obtenez une première estimation du montant que vous pouvez regrouper en fonction de votre situation.



